Cathédrale

Ainsi, dans cette lumineuse pénombre, il offrait à mon regard la voûte de ses épaules. Les ombres jouaient sur sa peau qui prenait de délicieuses teintes de miel, d'Or et de topaze. Je me pris à toucher la jointure des clavicules, ce petit creux, clé de voûte de ce bâtiment sacré, laisser glisser mes doigts sur son cou grandiose, y déposer plusieurs prières de mes lèvres; je contemplais sa beauté et tout ce qu'elle m'inspirait.
Je savourais ses subtiles nuances, ce contraste entre ses Ténèbres et ses Lumières, cet Homme, où se joignent l'Enfer et le Paradis. En regardant son visage, je me perdis dans les vitraux de ses yeux, et je me surpris à le supplier mentalement de me regarder encore, comme ma dernière volonté avant de mourir puis renaître, mon ultime sacrement. De son regard je m'imposais Sainte en son Eglise, gardienne de son culte, Vestale déchue du Temple de son Corps.

Les deux autels vivants de son ventre et son dos appelaient mes mains et mon souffle parcourait ces surfaces sculptées par les Anges et bénies des Dieux. Mes cheveux s'y aventuraient, en sombres mais nombreux fidèles, et étendaient leurs caresses, en offrandes. Dans des soupirs mêlés, ma cathédrale, les piliers mêmes de mon Être me répondit, et encore une fois, je me perdais longuement dans ce si beau regard, et m'attardais sur les petits bancs -où mes lèvres effectuaient avec plaisir un pèlerinage- qui se sculptaient près de sa bouche qui s'étirait en un sourire divin. Après beaucoup de sacrifices et d'offrandes, il me permit d'accéder à la Divinité, un court instant, un instant d'Eternité.
Et dans l'Aube naissante, je m'étonnais toujours de sa sérénité aux paupières closes, de sa grande beauté, placée dans le fragile écrin de draps blancs légers.





Toujours, je me souviens.
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 10:29

"E mangiare la mela fa ancora peccato..."

Come due uccelli contro l'uragano.
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# Posté le lundi 26 octobre 2009 20:37

Du besoin de transcendance.

Deux petites filles, les cheveux châtains, et un petit garçon, irrémédiablement brun. Les trois ne sont pas bien plus hauts que mes genoux, et je les entends dire "Mamie"... Vois-je mes petits-enfants ? Ma main est enveloppée par une autre, une main d'homme. Je tourne la tête vers celui qui me tient la main, mais son visage est flou. Il a un manteau marron, et moi une écharpe blanche. Nous marchons tous dans un parc, ce doit être l'automne puisque des feuilles sont sur le sol. Je revois encore ces enfants, et je me sens sourire, j'entends le rire clair de celui qui me tient la main. J'entends leurs rires. Il y a une belle lumière.

C'est un des rêves les plus rassurants que j'aie fait. Peut-être parce que j'y vois un avenir, une descendance. Parce que mon coeur dans ce rêve est rafistolé, et que le froid me paraît tellement doux, loin du mordant, des griffures que je connais. Et ces enfants qui me sourient, qui rient dans la clarté du jour !

Après m'être levée, je revois encore et encore leur visage, et les morceaux d'imagination, cette lumière qui leur échappe. En les revoyant, ma main appelle le dessin. Et me rappelle le film Le secret de Térabithia, avec ces gamins qui se créent un monde, leur croyance est telle, qu'ils vivent ce monde. Etrangement, je n'ai pas pleuré devant ce film. Et j'ai réfléchi au pourquoi.

Le dessin est une inspiration de tous les jours. Ces gens qu'on croise, les gens qu'on a pas croisé, les amis, les animaux, même les arbres, les fleurs, les paysages, tout est une impulsion qui pousse à dessiner. Et du monde que l'on voit, vient le monde que l'on crée. Et, comme les rêves, ces mondes peuvent être bizarres, tordus, sombres, ou magnifiques. Et comme les rêves, certains meurent, d'autres restent. Certains meurent de trop d'innocence, d'autres de pas assez, d'autres encore naissent sous la colère et disparaissent comme de la fumée une fois la paix retrouvée. L'histoire du dessinateur est inscrite dans sa main, dans son trait. On peut y lire ses joies, ses peines, ses peurs, et entrer plus ou moins profondément dans son imaginaire.

Les dessinateurs sont des Dieux d'un nouveau genre. Ils font et défont les mondes, proposent du rêve aux autres que soi, et se font rêver eux-même. Ils se délivrent des bouillons de leur imaginaire. Pour ma part, il y a longtemps que j'aurais arrêté de dessiner si je n'avais pas reçu de souffle nouveau, ce souffle qui a chamboulé mes dix sept printemps. Et ce que je trouve admirable dans le film que j'ai cité plus haut, c'est que le garçon ne fait pas mourir le monde qu'il a créé avec son amie qui vient à décéder, elle qui enrichissait ce monde. Voilà pourquoi je n'ai pas pleuré, parce que ce garçon a la force, la volonté de ne pas faire mourir cet édifice. Chose que je ne pourrais faire si je perdais mon impulsion. Et parce que des globes, on en crée, on en détruit, en recrée, à volonté. Le peu de mondes que j'ai créés, je les ai laissés s'effondrer. Et depuis peu, j'en construit un autre, plus stable, plus beau, plus libre. Et pour la première fois, je m'attache à ce royaume.
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# Posté le dimanche 25 octobre 2009 17:03

Dark haired Alan.

Gura mise tha fo éislean,
Moch 'sa' mhadainn is mi 'g éirigh,
O hi shiu bhlainn leat,
Hi ri bho ho ru bhi,
Hi ri bho ho rionn o ho,
Ailein duinn, o hi shiubhlainn leat.

Ma 's e cluasag dhut a' ghainneamh,
Ma 's e leabaidh dhut an fheamainn,
O hi shiubhlainn leat,
Hi ri bho ho ru bhi,
Hi ri bho ho rionn o ho,
Ailein duinn, o hi shiubhlainn leat.

Ma 's e 'n t-iasg do choinnlean geala,
Ma 's e na ro in do luchd-faire,
O hi shiubhlainn leat,
Hi ri bho ho ru bhi,
Hi ri bho ho rionn o ho,
Ailein duinn, o hi shiubhlainn leat.

Dh'o lainn deoch ge boil le cach e,
De dh'fhuil do choim 's tu 'n de idh do bhathadh,
O hi shiubhlainn leat,
Hi ri bho ho ru bhi,
Hi ri bho ho rionn o ho,
Ailein duinn, o hi shiubhlainn leat.

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 19:35

Rabbit Heart [Rabbit Doubt ?]

I must become a lion hearted girl
Ready for a fight
Before I make the final sacrifice
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# Posté le samedi 03 octobre 2009 11:01